
Arrivé à Tottenham à l’été 2022 contre plus de 20 millions d’euros, Pape Matar Sarr avait rapidement gagné sa place dans le onze londonien. Sa progression avait été récompensée par un sacre en Europa League en 2025, aboutissement d’une saison pleine où il avait affiché de solides performances. Mais depuis, la trajectoire s’est brutalement inversée.
La saison dernière restera comme celle du grand effacement. Empêtré dans une saison catastrophique des Spurs, ballottés par plusieurs changements d’entraîneur et sauvés de la relégation seulement à la dernière journée de Premier League, Sarr a disparu des radars. Un bon début de campagne n’aura pas suffi à masquer une chute de régime continue au fil des mois.
Arrivée de De Zerbi, un tournant
L’arrivée de Roberto De Zerbi sur le banc des Spurs a fini d’assombrir le tableau. L’entraîneur italien n’a pas encore tranché officiellement sur le sort du Sénégalais mais tout indique qu’il ne compte plus sur lui pour bâtir son projet. La preuve la plus tangible se trouve dans les investissements colossaux consentis au milieu de terrain cet été.
Tottenham a déboursé 100 millions de livres pour Sandro Tonali en provenance de Newcastle et 85 millions de livres pour Mateus Fernandes recruté à West Ham, portant à plus de 185 millions de livres la facture pour ces deux seuls renforts. Un signal clair sur les intentions du club, prêt à reconstruire entièrement son entrejeu autour de ces deux arrivées majeures.
Dans ce contexte, la valeur marchande de Pape Matar Sarr est loin de celle des recrues. Le milieu sénégalais est aujourd’hui estimé à 30 millions d’euros par Transfermarkt, loin des standards des recrues qui débarquent à ses côtés. Plusieurs médias britanniques évoquent une porte de sortie clairement ouverte, avec quatre clubs qui auraient déjà formulé des demandes concernant sa situation cet été. Brentford et Galatasaray ont l’air d’être très intéressé. De Zerbi resterait toutefois ouvert à une vente sous deux conditions, une valorisation jugée acceptable et l’arrivée préalable d’un remplaçant. Sarr lui-même ne serait pas fermé à un départ si le bon projet sportif se présentait.
Relégué dans la hiérarchie des Lions
Le passage par la sélection n’a pas permis à Sarr de rassurer. Convoqué pour la CAN 2025, il n’a bénéficié d’aucune confiance de la part de Pape Thiaw, se contentant d’une seule apparition, lors de la 3e journée face au Bénin, dans un match sans enjeu où le sélectionneur multipliait les rotations. Une place qui le plaçait alors dernier dans la hiérarchie des milieux sénégalais.
Le constat n’a guère évolué lors du Mondial 2026. Sur les 4 matchs disputés par les Lions, il n’a totalisé que 65 minutes de jeu, à travers deux entrées en cours de partie. La plus marquante restera sa rentrée décevante face à la Belgique en 16e de finale, synonyme d’élimination pour le Sénégal. À ces difficultés sportives s’ajoute un problème physique. Le milieu souffre de l’épaule depuis plusieurs mois, une gêne suffisamment sérieuse pour que son entourage évoque la piste d’une opération.
Un coup d’arrêt à négocier
Entre des performances en net repli, une relégation dans la hiérarchie du milieu de terrain sénégalais, des critiques grandissantes par le public sénégalais et un entraîneur qui a fait de nouvelles recrues onéreuses ses priorités, Pape Matar Sarr traverse sans doute le passage le plus délicat de sa jeune carrière européenne. L’été s’annonce déterminant. Reste à savoir si le Sénégalais parviendra à convaincre De Zerbi de lui laisser une chance, ou si un nouveau départ, loin de Londres, s’imposera comme la seule option pour relancer sa carrière.
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
