
La RD Congo ne se cache plus. Après un parcours héroïque en 2023 terminé au pied du podium et une campagne de qualification pour le Mondial 2026 qui les place à un match d'un retour historique en Coupe du monde, les Léopards arrivent au Maroc avec un nouveau statut. Mais pour leur premier match dans ce Groupe B, ils retrouvent une vieille connaissance : le Bénin. Si les deux nations ne se sont jamais croisées en phase finale de CAN, les souvenirs des éliminatoires du Mondial 2021 (où la RDC était restée invaincue) planent encore sur cette rencontre.
La RDC, entre stabilité et puissance de feu
La force de la RDC réside dans sa continuité. Symbole de cette résilience, Chancel Mbemba continue de marquer l'histoire. Avec 1841 minutes disputées depuis 2015, le défenseur marseillais est le joueur en activité le plus utilisé en phase finale de CAN derrière Sadio Mané.
Tactiquement, les Léopards ont une identité claire : le danger vient des côtés. Lors de la dernière édition, ils ont dominé le classement des centres dans le jeu (122 tentatives). Paradoxalement, aucun n'avait fini au fond des filets. Un axe de progression majeur pour ce premier match où l'efficacité sera primordiale, d'autant que la RDC n'a remporté qu'une seule de ses cinq dernières entrées en lice. Une mauvaise habitude que l'équipe entend bien gommer pour jouer les premiers rôles dans cette poule et faire le plein de confiance avant d'affronter le Sénégal lors de la 2e journée.
Le Bénin de Gernot Rohr, le retour des Guépards
Absent depuis 2019 et une qualification historique en 8es de finale, le Bénin retrouve enfin la scène continentale. Sous la houlette de l'expérimenté Gernot Rohr, les Guépards ont retrouvé une discipline et une animation offensive séduisante. Le danger numéro un se nomme Junior Olaïtan. Véritable couteau suisse des qualifications, il mène toutes les statistiques offensives de son équipe : passes décisives, centres, et tirs cadrés.
Privés de cinq de leurs titulaires, entre blessures et suspension, le défi est immense pour les Béninois qui détiennent une statistique dont ils aimeraient se débarrasser : ils n'ont jamais remporté le moindre match en 14 rencontres de CAN (hors tirs au but). Face à l'ogre congolais, briser cette série noire serait un signal fort envoyé à tout le continent, avant d'aller affronter le Botswana et le Sénégal.
Le coin des stats Opta
- Longévité record : Depuis 2015, seul Sadio Mané a joué plus de minutes que Chancel Mbemba (1841) à la CAN. Le capitaine congolais a participé à 20 des 21 derniers matchs de son pays.
- Série noire à briser : Le Bénin n'a remporté aucun de ses 14 matchs disputés en phase finale de la CAN (5 nuls, 9 défaites). Seul le Mozambique fait pire (15).
- Mutation offensive : Junior Olaïtan est le moteur du Bénin. Durant les éliminatoires, il a été le meilleur de son équipe pour les passes décisives (2), les tirs cadrés (7) et les progressions de balle (38).
- Le paradoxe des centres : La RD Congo a tenté 122 centres dans le jeu lors de la CAN 2023 (record du tournoi), mais n'a marqué sur aucun d'entre eux.
- Déficit de réalisme : Le Bénin n'a pas réussi à marquer dans 64% de ses matchs de CAN (9 sur 14), l'un des ratios les plus élevés de l'histoire pour une équipe ayant joué au moins 10 matchs.
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À propos de l'auteur
Mansour LOUM
Rédacteur sportif
Le football africain et ses coulisses. Analyse le niveau et les défis du sport africain.
