
Une organisation grandeur nature avant 2030
Le Maroc n’avait pas droit à l’erreur. Hôte de la CAN 2025 et futur co-organisateur du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal, le Royaume était attendu sur tous les fronts. Le constat est globalement positif.
Les six villes hôtes (Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir et Fès) ont accueilli la compétition dans des infrastructures modernes, souvent rénovées ou livrées pour l’événement. Malgré de fortes pluies en début de tournoi, les pelouses ont été unanimement saluées, grâce à des systèmes de drainage performants et un entretien quotidien. Un contraste notable avec certaines éditions passées.
Sur le plan logistique, les déplacements inter-villes ont été fluides. Les équipes ont bénéficié d’hébergements haut de gamme et les supporters d’offres de transport adaptées. Le budget global, estimé à 264 millions d’euros, place cette CAN parmi les plus coûteuses, mais aussi parmi les plus abouties de l’histoire.
Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier cette 35e édition de « plus réussie jamais organisée ».
Affluence record et retombées économiques inédites
L’engouement populaire a été massif. Avant même les demi-finales, la CAN 2025 avait déjà franchi la barre de 1,117 million de spectateurs, un record absolu. En intégrant les deux demi-finales et la finale, l’affluence totale dépasse 1,25 million d’entrées.
Les stades de grande capacité ont largement contribué à cette réussite, tout comme les fan zones gratuites installées dans plusieurs villes. Sur le plan économique, la CAF annonce une hausse de plus de 90 % de ses revenus liés à la compétition. La billetterie aurait généré à elle seule 55 millions de dollars, un record pour le football africain.
Revers de la médaille : une spéculation massive autour des billets. Pour certaines affiches, notamment la finale, des places officiellement vendues autour de 800 dirhams se sont retrouvées sur le marché noir à des prix dépassant les 9.000 dirhams.
Des affiches de très haut niveau
Sportivement, la CAN 2025 marque un tournant. Contrairement à certaines éditions riches en surprises précoces, les grandes nations africaines ont tenu leur rang. Sénégal, Maroc, Nigeria, Égypte, Algérie ou Côte d’Ivoire ont animé un tournoi dense et compétitif, jusqu’à un dernier carré digne des plus grandes compétitions internationales.
Les chiffres confirment cette impression : 120 buts inscrits avant la finale, soit la CAN la plus prolifique de l’histoire, avec une moyenne de 2,3 buts par match.
Individuellement, plusieurs stars ont marqué la compétition. Sadio Mané a porté le Sénégal, Brahim Díaz a dynamisé le jeu marocain, tandis que Victor Osimhen et Mohamed Salah ont confirmé leur statut. Les gestes spectaculaires d’Ayoub El Kaabi ont également marqué les esprits.

Une ambiance populaire à l’image du continent
Dans les tribunes, la CAN 2025 a une nouvelle fois démontré pourquoi elle reste une compétition à part. Chants, danses, costumes traditionnels et scènes de fraternité ont rythmé les rencontres.
Certaines figures sont devenues virales, comme le sosie de « Lumumba », supporter de la RD Congo, hommage symbolique à Patrice Lumumba repris bien au-delà des stades. Portés par un public très investi, les Lions de l’Atlas ont bénéficié d’un soutien massif, rappelant combien cette CAN était attendue depuis des décennies.

Arbitrage : le point noir d’une édition réussie
Si l’organisation et le niveau sportif ont été largement salués, l’arbitrage restera la principale zone d’ombre de cette CAN 2025. Dès les premiers matches, un climat de suspicion s’est installé autour des officiels, accusés par plusieurs sélections de décisions incohérentes, voire de favoritisme envers le pays hôte. Une défiance qui a atteint son paroxysme en finale.
L’image la plus forte du tournoi reste celle des Sénégalais quittant la pelouse après le penalty accordé au Maroc en fin de temps réglementaire, quelques minutes après un but refusé aux Lions. Une scène rare, révélatrice de la perte de confiance généralisée envers le corps arbitral.
Les polémiques avaient déjà jalonné la compétition. Le quart de finale Maroc–Cameroun (2-0) avait suscité la colère des Camerounais après un penalty non sifflé sur Bryan Mbeumo, tandis que la demi-finale Maroc–Nigeria avait également été contestée.
Mais c’est la gestion de la finale par l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo qui concentre aujourd’hui les critiques. Manque d’autorité, décisions contestées, difficulté à gérer la pression d’un stade en fusion. L’officiel était certainement dépassé. Selon l’ancien arbitre international Bruno Derrien, le but refusé au Sénégal l’a été après « une faute très légère », tandis que le penalty accordé au Maroc découle d’une « micro-faute » dans un contexte de tension extrême.
L’interruption de près de vingt minutes qui s’en est suivie a failli faire basculer la rencontre. Le président de la FIFA Gianni Infantino a ensuite condamné le comportement de certains acteurs sénégalais, appelant la CAF à prendre des mesures disciplinaires.
Une finale légendaire… et un goût amer
Après une rencontre hachée, tendue et parfois irréelle, le Sénégal a fini par trouver la faille en prolongation pour s’imposer et décrocher sa deuxième Coupe d’Afrique des Nations. Une victoire historique, mais qui laissera des traces.
Un bilan globalement positif malgré les zones d’ombre
Malgré une conclusion polémique, la CAN 2025 restera une réussite pour le Maroc. Organisation, sécurité, infrastructures, affluence et retombées économiques : le Royaume a envoyé un signal fort à cinq ans de la Coupe du monde 2030.
Avec des recettes record, une visibilité internationale renforcée et un niveau de jeu élevé, cette édition s’impose comme l’une des plus marquantes de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations.
Imparfaite, parfois chaotique, mais profondément vivante. À l’image du football africain.
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À propos de l'auteur
El Hadji Malick SARR
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
