
Un premier acte fondateur
Arrivé cet été dans la capitale espagnole contre la somme colossale de 125 millions d'euros (assortie de 15 millions de bonus), Yan Diomandé portait jusque-là le poids étouffant de son prix. Après des débuts discrets et une prestation terne face au Rayo Vallecano — qui avait poussé la presse madrilène à écrire qu'il avait laissé le Santiago-Bernabéu « froid » —, le doute menaçait de s'installer autour du prodige de 19 ans.
Mais sur la pelouse du Martínez Valero d'Elche, l'international ivoirien a balayé les réserves. Aligné sur le flanc droit de l'attaque, Diomandé s'est montré tranchant dès ses premières prises de balle. Symbole de sa confiance retrouvée : une accélération fulgurante dans la profondeur suivie d'un centre millimétré pour Kylian Mbappé, offrant au Real son deuxième but de la soirée. Ce premier geste décisif vient récompenser un travail de sape incessant.
Générosité défensive et adoubement par José Mourinho
Au-delà de son apport offensif, l'Ivoirien a marqué les esprits par son abattage tactique. Prenant très au sérieux les consignes de repli, il a régulièrement multiplié les courses en retour pour épauler Trent Alexander-Arnold dans son couloir. Une maturité dans le jeu sans ballon indispensable dans une rencontre rocambolesque, où Madrid s'est fait peur en se faisant remonter de 0-2 à 2-2 avant de l'emporter dans le temps additionnel grâce à Carlos Espi.
Interrogé après la rencontre, José Mourinho n'a pas tari d'éloges sur l'évolution de son protégé :
« Il progresse. Physiquement, on voit qu'il commence à avoir davantage de minutes dans les jambes. Il possède une très bonne capacité de travail, il est intelligent et il a fait un grand match. »
Une déclaration qui vient valider la posture du technicien portugais qui, à l'instar d'Hervé Renard ces derniers jours, réclamait du temps et de la patience pour l'intégration de la pépite ivoirienne.
L'écusson embrassé : le début d'une histoire ?
Le regard des médias espagnols a lui aussi viré au vert. Le quotidien AS, jusque-là sceptique, n'a pas hésité à parler de véritable « carte de visite » laissée par le joueur à Elche. Et pour sceller cette communion naissante avec la Casa Blanca, Diomandé a gratifié les supporters d'un geste fort : un baiser appuyé sur l'écusson du Real Madrid au moment de céder sa place dans le temps additionnel.
Si la quête de régularité ne fait que commencer dans un environnement aussi exigeant que celui du Real, cette soirée à Elche agit comme un véritable déclic. Associé à la vista d'Arda Güler et au réalisme de Kylian Mbappé dans ce qui ressemble à la nouvelle promesse offensive de Mourinho, Yan Diomandé ne fait plus parler de lui pour le montant de son chèque, mais pour l'ampleur de son talent.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
