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CAN à 28 équipes : une expansion ambitieuse, mais à contretemps ?

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La décision de la Confédération africaine de football d’élargir la Coupe d’Afrique des Nations à 28 équipes à partir de 2028 ouvre un nouveau cycle pour le football continental. Portée par une volonté d’inclusion et de croissance, cette réforme suscite néanmoins de profondes interrogations, notamment au regard des défis organisationnels persistants, à l’approche d’une CAN 2027 déjà entourée d’incertitudes.

2026-10-12 08:11:20.944990+00:00

Une CAN plus ouverte, un levier de développement assumé

L’annonce faite par Patrice Motsepe marque une nouvelle étape dans la transformation de la Coupe d’Afrique des Nations. Après le passage de 16 à 24 équipes en 2019, la Confédération africaine de football poursuit sa logique d’expansion en ouvrant davantage la compétition aux sélections du continent.

À cela s’ajoute un changement de cadence, puisque la CAN deviendra quadriennale à partir de 2028, avec l’ambition affichée de renforcer son prestige et sa valeur. Sur le fond, cette évolution répond à une logique difficilement contestable. L’élargissement du format permet d’intégrer des nations jusque-là en marge du très haut niveau africain et offre une exposition accrue à des sélections émergentes. Les dernières éditions ont montré que l’ouverture pouvait favoriser l’éclosion de nouveaux acteurs compétitifs comme les Comores en 2022, tout en participant à la structuration du football dans certaines régions du continent.

Dans le même temps, la CAF poursuit un objectif économique clair. En augmentant le nombre de matchs, elle renforce le potentiel commercial de la compétition, que ce soit en matière de droits audiovisuels ou de partenariats. La CAN est ainsi pensée comme un produit plus attractif, capable de gagner en poids sur la scène internationale.

Le risque d’une réforme déconnectée des réalités du terrain 

Mais cette ambition se heurte à plusieurs limites, à commencer par la question du niveau sportif. En intégrant davantage d’équipes, la CAN prend le risque d’accentuer les écarts entre les nations les plus structurées et celles qui le sont moins. La densité qui fait la réputation de la compétition pourrait s’en trouver affaiblie, avec des rencontres déséquilibrées et une phase de groupes moins exigeante.

Surtout, cette réforme intervient dans un contexte organisationnel fragile. À l’approche de la CAN 2027, les doutes persistent sur la capacité des pays hôtes à livrer des infrastructures conformes aux standards exigés. Retards dans les chantiers, stades non homologués et difficultés logistiques récurrentes alimentent les inquiétudes.

Dans ces conditions, l’augmentation du nombre de participants pose une question fondamentale. Accueillir 28 équipes suppose des moyens accrus, tant sur le plan des infrastructures que de l’organisation. Or, de nombreux pays peinent déjà à répondre aux exigences actuelles. Cette contradiction fragilise la cohérence de la réforme. Le passage à une CAN quadriennale interroge également. S’il peut renforcer la valeur symbolique de la compétition, il modifie profondément son rythme et pourrait atténuer son ancrage populaire, construit sur une régularité biennale.

Une réforme sous pression, avec 2027 comme baromètre organisationnel 

Dans ce contexte, la CAN 2027 ne constituera pas un test du nouveau format, puisque l’élargissement à 28 équipes n’entrera en vigueur qu’à partir de 2028. Elle n’en reste pas moins un indicateur crucial de la capacité de la Confédération africaine de football à organiser une compétition conforme à ses propres exigences.

Car avant même d’augmenter le nombre de participants, la question centrale demeure celle de la maîtrise organisationnelle. Retards dans les infrastructures, stades non homologués, exigences logistiques difficilement respectées : les signaux actuels invitent à la prudence.

Dans ces conditions, la réussite de la CAN 2027 apparaît comme un préalable indispensable. Non pas pour valider le format à 28 équipes, mais pour démontrer que le football africain dispose des bases nécessaires pour supporter une compétition encore plus exigeante.
Si ces fondations ne sont pas solidement établies, l’élargissement prévu en 2028 pourrait apparaître comme une fuite en avant. À l’inverse, une organisation maîtrisée renforcerait la crédibilité de la réforme et donnerait du poids à l’ambition portée par la CAF.

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