Burkina Faso : les premiers pas d’Amir Abdou passés au crible
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Tous les articles d’origineAmir Abdou a officiellement pris les rênes des Étalons du Burkina Faso en mars 2026, avec pour mission claire de qualifier l’équipe pour la CAN 2027 et de redonner de l’ambition à une sélection qui cherche à retrouver son lustre d’antan. Ses deux premiers matchs, disputés lors de la fenêtre FIFA contre la Guinée-Bissau au Stade du 4-Août, ont offert un aperçu contrasté. Une entrée en matière fracassante suivie d’une sortie plus mitigée. De quoi alimenter les débats sur la mise en place progressive de sa patte.
Un début tonitruant, puis un fort repli
Le samedi 28 mars 2026, les Étalons du Burkina Faso ont écrasé la Guinée-Bissau sur le score fleuve de 5-0. Une victoire large, construite sur une domination claire et des individualités en vue avec notamment un triplé du jeune Elohim Kaboré. Le contenu a séduit : intensité, efficacité offensive et une équipe qui semblait libérée.
Quatre jours plus tard, le 31 mars, le retour a tourné au nul 1-1. Adama Nagalo avait ouvert le score pour le Burkina, mais Fuscano Gomes a égalisé dans les dernières minutes pour les Bissau-Guinéens, revanchards et plus agressifs. Le visage affiché par les Étalons était nettement moins convaincant : moins de fluidité, de cohérence et de sérénité, comme l’a d’ailleurs reconnu le sélectionneur lui-même en conférence de presse.
Un coach qui expérimente sans tabou
Amir Abdou l’avait annoncé dès la convocation d’un groupe de 25 joueurs qu'il voulait voir du monde. Il a tenu parole en faisant tourner massivement l’effectif entre les deux rencontres. Changements de système, repositionnements comme Adamo Nagalo au poste de latéral droit, entrée de Mohamed Ouédraogo à la place d’Arsène Kouassi, et expérimentations ont été la marque de ces deux matchs.
Cette approche courageuse a ses avantages et ses limites, comme l’ont souligné plusieurs observateurs : Ismaël Seydou Ganamé, journaliste sportif à Faso7 : « Je retiens qu’il est en train d’essayer beaucoup de choses. Il met en place ses idées. Ça ne viendra pas tout d’un coup. Rome ne s’est pas construite en un jour. Ça prendra peut-être 3, 4 ou 5 matchs avant qu’on ressente vraiment la patte d’Amir Abdou. Il a voulu voir beaucoup de joueurs, c’est pourquoi il a fait tourner. Quand on fait tourner, on perd en automatismes et en cohérence. Le niveau a baissé drastiquement entre les deux matchs, mais on comprend. Enlever Arsène Kouassi pour mettre Mohamed Ouédraogo, ou placer Nagalo (pas latéral de formation) à la place d’Issa Kaboré, ça se ressent dans le jeu, défensivement comme offensivement. »
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Pour Abdoulaye Sibiri : « Entre l’équipe qui a débuté le premier match et celle de ce soir, la différence est nette ! Il a essayé presque tous les joueurs convoqués. Cela lui permettra d’avoir une idée claire sur son onze type. Bravo à lui et bonne continuation. »
Romain Some conclut : « Je loue le courage du coach de faire tourner l’équipe. À la fin, il aura toutes les armes. Il n’aura pas décidé seul d’écarter un joueur, mais avec l’aide du joueur lui-même. »
Des réactions nuancées du côté des observateurs et supporters
Sam Ouédraogo tempère l’enthousiasme : « Franchement, nous sommes tous restés sur notre faim. Les résultats ne sont pas totalement satisfaisants, mais on comprend. Encaisser 5-0 n’est pas facile pour la Guinée-Bissau, ils se sont repris. Le 1-1 est passable, acceptable. On espère mieux pour la suite. Et pourquoi pas remporter la CAN un jour avec ce nouveau sélectionneur. Beaucoup le félicitent déjà, moi je dirais : attention. Tous les entraîneurs ont été acclamés au début. Il faut l’observer, l’encourager et espérer qu’il hissera notre drapeau au plus haut. »
Le sélectionneur, de son côté, s’est montré lucide après le nul (1-1). Il a reconnu un manque de sérénité et de constance dans le second match, tout en affirmant être satisfait du résultat global de cette double confrontation qui lui a permis de tester ses options.
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Vers une identité de jeu plus claire en juin ?
Ces deux sorties confirment ce qu’Amir Abdou avait laissé entendre. Il n’est pas dans une logique de résultats immédiats à tout prix, mais dans une phase d’observation et de construction. Le large turnover a rendu les deux équipes presque méconnaissables l’une de l’autre, avec des systèmes différents et une perte logique d’automatismes.
Les supporters et observateurs s’accordent globalement sur un point. Pour eux, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives. Comme le dit Ismaël Seydou Ganamé, « durant le mois de juin, on verra autre chose de la part d’Amir Abdou ».
Le technicien franco-comorien a le courage de ses convictions. Il refuse de s’enfermer dans un onze type figé d’entrée et préfère faire parler le terrain. À lui maintenant d’analyser les images, de trancher sur les profils qui correspondent le mieux à sa philosophie et de bâtir une équipe plus stable, plus cohérente et surtout plus constante.
Les prochains rendez-vous, probablement en juin, seront déterminants pour voir si la patte Abdou commence réellement à se dessiner sur les Étalons. Le Burkina Faso, qui rêve de retrouver les sommets africains, observe avec attention les premiers pas de son nouveau guide.
