La formidable ascension de Rudy Gestede, de joueur à directeur sportif prisé
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Tous les articles d’origineRudy Gestede on fire. Après avoir raccroché les crampons, l’ancien attaquant béninois n’a pas choisi les bancs de touche comme certains joueurs. Il a plutôt opté pour les bureaux et est devenu directeur sportif. Le Béninois fait sensation en Angleterre et est très sollicité cet été.
Rudy Gestede n'a pas eu la carrière la plus linéaire qui soit, mais elle lui a offert quelque chose d'inestimable : une connaissance intime du football professionnel à travers plusieurs ligues et cultures. Formé au FC Metz dès l'âge de 12 ans, l’ancien international béninois (11 sélections, 3 buts, 1 passe décisive) y passe une décennie complète et y fait ses débuts en Ligue 1 à seulement 19 ans. Après plusieurs pépins physiques sur sa dernière année de contrat, il ne prolonge pas d'un commun accord avec le club lorrain et part à la conquête de l'Angleterre.
C'est à Cardiff que sa seconde vie commence. Après un essai concluant, il signe un contrat de deux ans et demi avec les Bluebirds en 2013, avec qui il perd la finale de la FA Cup lors de sa première saison, avant d'être promu en Premier League la suivante. Son passage en élite anglaise est cependant partagé : le temps de jeu se raréfie, et il rejoint Blackburn en Championship en novembre, où il connaît la meilleure période de sa carrière en termes statistiques. Un an et demi plus tard, Aston Villa lui ouvre ses portes en Premier League, mais le club est relégué. Même scénario à Middlesbrough, où la descente est également au rendez-vous.
Sur la fin de sa carrière, Gestede élargit son horizon géographique : une saison en Australie, quelques mois en Grèce, puis un passage en Iran, avant de raccrocher les crampons en 2022. Un parcours atypique, fait de hauts et de bas, qui façonnera profondément l'homme de football qu'il est devenu.
Une reconversion méthodique
Quand le rideau tombe sur sa carrière de joueur en 2022, Rudy Gestede ne se précipite pas. Il prend du recul et s'installe avec sa famille à Marrakech pour une pause de dix-huit mois. Mais l'inaction finit par peser. Comme il le confie à Foot Mercato, « au bout de quelques mois, je m'ennuyais », et c'est cet ennui qui le pousse à se former.
Il s'inscrit alors à une formation de CEO Sport Organisation auprès d'un organisme basé à Manchester, le VSI. « Il y avait beaucoup plus de pratique que de théorie. On avait des intervenants qui passaient, qu'ils évoluent dans le milieu du football ou dans n'importe quel autre sport. Ils occupaient différents postes de direction dans différentes industries », raconte-t-il au média.
De retour en Angleterre, il renoue avec ses anciens contacts, notamment à Blackburn, club où il avait laissé de bons souvenirs. « Je suis repassé au club et au bout de six mois, en discutant avec le board, j'ai demandé à vivre une expérience de travail au club durant six mois », explique-t-il à Foot Mercato. Cette immersion totale lui permet de toucher à tous les départements : recrutement, académie, administration. Une école du terrain, version bureau.
Lorsque le directeur du football est remercié en fin de saison, le club se tourne naturellement vers lui. Blackburn lui propose alors de rejoindre le club en tant que Head of Football Operations, poste équivalent à celui de directeur sportif en France, qu'il occupe depuis un peu plus de deux ans.
Dans ses nouvelles fonctions, Gestede décrit un rôle multiple et exigeant. « Le directeur sportif est un peu la glue entre les différents départements du club », image-t-il auprès de Foot Mercato, précisant qu'il fait le lien entre les joueurs mécontents et le coach, ou encore qu'il s'attache à « enlever cette pression-là des épaules » de l'entraîneur pour la prendre sur les siennes. Sur le rapport au coaching et à la tactique, il assume aussi une posture de challenger : « Il faut le challenger. Il faut challenger ses décisions tout en les respectant », confie-t-il.
Rudy Gestede n'hésite pas non plus à pointer une différence culturelle qu'il juge significative entre l'Angleterre et ailleurs. « J'aimerais que ça change parce que je trouve que le modèle français ou plus européen, allemand, espagnol, italien, est plus adapté. On enlève quelque part cette pression au coach », déclare-t-il à Foot Mercato, en référence à la prise de parole publique des directeurs sportifs, encore trop rare Outre-Manche selon lui.
Un été sous les projecteurs
Son travail commence à faire parler bien au-delà de Blackburn. L'un de ses coups de recrutement les plus emblématiques illustre parfaitement sa méthode : un arrière-droit passé par l'académie d'Arsenal (le Nigérian Ryan Alebiosu), signé à Courtrai puis prêté à Saint-Mirren en Écosse, recruté alors qu'il était encore méconnu et devenu cette saison l'un des meilleurs latéraux droits de Championship, avec des demandes en provenance de Premier League et de Serie A. La preuve que son scouting porte ses fruits.
Cet été, le marché des directeurs sportifs s'anime, et Rudy Gestede figure parmi les profils les plus courtisés. Selon les informations de Foot Mercato, deux clubs de Ligue 1 auraient manifesté leur intérêt pour ses services. L'intéressé, sans fermer la porte, reste mesuré. «J'ai eu des contacts, notamment avec des clubs français en Ligue 1. Mais pour le moment, il n'y a rien de concret. En tout cas, ce sont de beaux projets », indique sobrement le Béninois au média. « Ça dépend du projet du club, mais aussi du projet de vie, car j'ai une femme et trois enfants. Mais si je sens que je peux faire avancer le projet du club, que ça peut être une belle réussite, oui ça m'intéresse », ajoute-t-il.
À 37 ans, Rudy Gestede incarne une nouvelle génération de dirigeants : des anciens joueurs qui ont choisi de se former sérieusement, de comprendre le football dans toutes ses dimensions avant de prétendre le diriger. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son ascension est loin d'être terminée…
