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Burkina Faso : assurance des joueurs, un premier pas vers le progrès

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Le football burkinabè, passion nationale par excellence, reste marqué par une réalité brutale : les blessures graves peuvent briser une carrière en un instant, et sans filet de sécurité adéquat, elles laissent trop souvent les joueurs et leurs familles dans le dénuement. Des progrès réels sont enregistrés sous l'impulsion de la Fédération burkinabè de football (FBF), mais le système demeure loin d'être satisfaisant pour l'ensemble des acteurs.

Le football burkinabè progresse, les pelouses s’améliorent, les infrastructures se modernisent mais un ennemi invisible continue de faucher des carrières sans distinction : la blessure grave sans couverture médicale adéquate.

Des pas en avant incontestables

Depuis la réactivation et l'extension des polices d'assurance par la Fédération burkinabè de football (FBF), des signaux positifs émergent. Pour la saison 2025-2026, ce ne sont pas moins de 16 clubs de Ligue 1 et 24 de Ligue 2 qui bénéficient d'une couverture fédérale, protégeant 30 joueurs et 5 membres du staff par équipe. Les sélections nationales (A, A’, U15 à U23, hommes et dames) sont également assurées.

Pour preuve, en septembre 2025, Abdoul Karim Baguian, latéral de l’USFA, se fracture la jambe gauche lors d’un match de Coupe de la Confédération de la CAF face au club togolais, AS Gbohloe-Su. Grâce à la police d’assurance souscrite par son club, les soins, l’opération et la rééducation sont pris en charge intégralement. Il espère revenir rapidement. 

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Abdoul Karim Baguian, victime d'une grave blessure.

Quelques mois plus tôt, Obécé Ulrich Traoré, jeune international U17, subit une fracture du bras droit en amical. Là encore, l’assurance fédérale a également joué son rôle de prise en charge. Ces exemples montrent que l'assurance, lorsqu'elle fonctionne, permet une prise en charge rapide des soins, hospitalisation, chirurgie, rééducation, soulage les clubs financièrement et redonne confiance aux joueurs.

Des failles qui persistent et qui coûtent cher

Malgré ces avancées, le tableau reste contrasté. De nombreux clubs, surtout en Ligue 3 ou dans les ligues régionales, souscrivent à des polices minimalistes parfois 1 000 francs CFA par joueur, inadaptées aux risques réels du football puisqu'il faudrait au minimum 200 000 à 300 000 francs CFA par équipe pour une couverture sérieuse.

Pire, les assurances locales excluent souvent les soins à l'étranger, obligeant les clubs ou les familles à assumer des évacuations sanitaires coûteuses. Les cas tragiques rappellent l'urgence de l'assurance des footballeurs au Burkina Faso. Ibrahim Sidibé, ancien joueur de l’ASFB, en sait quelque chose. En 2016, une commotion cérébrale lors d’un match contre l’Union Sportive de Ouagadougou (USO), le plonge dans le coma pendant 24 jours. Il est évacué en Tunisie grâce à un manager privé, sans aucune assurance. Séquelle persistantes, contrat résilié en 2018, vie bouleversée. Aujourd’hui encore, il vit avec les conséquences physiques et financières, espérant une reconversion loin des terrains.

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Les blessures mettent encore en péril les carrières de nombreux joueurs

Harouna Balboné, pensionnaire de Bouloumpoukou Sport en Ligue 2, raconte lui aussi sa double fracture en 2022-2023 entraînant une fin de saison prématurée, absence totale de prise en charge.

« Si j’avais été assuré correctement, j’aurais pu me soigner vite et revenir plus fort », confie-t-il avec amertume.

Vers un système plus robuste et inclusif ...

La Fédération burkinabè de football (FBF), en partenariat avec des assureurs et potentiellement la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), doit maintenant passer à la vitesse supérieure. Il s'agit d'imposer des minimas de couverture pour tous les niveaux y compris Ligue 3 et jeunes, former des dirigeants et ligues aux procédures, négocier des conventions collectives pour des tarifs mutualisés et adaptés, inclure systématiquement les évacuations sanitaires à l'étranger, sensibiliser massivement pour que l'assurance devienne un réflexe, non une option.

L’assurance n’est plus un luxe, mais un sésame indispensable pour préserver les carrières et honorer la passion des Burkinabè pour leur football. La FBF a montré qu’elle pouvait agir, reste à transformer ces avancées ponctuelles en un système durable et universel.

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