CAN 2023 : ce qu'en pensent les femmes
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Tous les articles d’origineDans cette période de CAN 2023, les femmes vivent cet évènement avec leur mari dans des conditions parfois loin d'être évidentes
C'est peu de dire que la CAN 2023 a bouleversé des habitudes chez les femmes. Depuis quelques jours, certaines disent vivre le martyr quand d'autres prennent plaisir à voir leurs époux à la maison le plus souvent. C'est peut-être un cliché vieux comme le monde mais elles assurent se sentir mieux. Angela K. est transitaire au Port d'Abidjan. Elle a une forme de guitare. Très aguicheuse et sexy, elle est tout ce qu'un homme aime en plus du foot. Nous l'avons rencontré au détour d'une soirée arrosée dans un maquis, un genre de buvette ou restaurant en plein air, répandu en Côte d'Ivoire. Elle a un père qui est formateur dans le milieu du football.
Depuis toute petite, elle adore le sport roi. La CAN 2023 en Côte d'Ivoire, la première qu'elle suit avec attention, parce que c'est à domicile, est un moment de pur bonheur pour elle. « Franchement, c'est un moment de foot incroyable. Pour une fois, on a des matches à de bonnes heures contrairement à la Coupe du monde ou aux JO. Après le déjeuner, avant de dîner, au moment du goûter, il y a des matches à n'en point finir. Mieux, mon mari et moi on ne se dispute pas la télécommande. Il est scotché à la maison quand il ne va pas au terrain et c'est tant mieux. Je me sens bien comme ça. Le match qui m'a le plus plu est celui entre le Ghana et le Mozambique. Mais j'avoue que j'attends le Maroc avec impatience », nous a- t-elle confié toute souriante. Comme elle , d'autres dames adorent le foot. Mais seulement parce qu'elles le pratiquent ou sont dans le domaine du journalisme sportif. Tapé E. en fait partie. Belle, brune et ronde, elle a la mine un peu défraîchie par la fatigue à cause du volume de travail alors que la CAN 2023 en est à sa première journée de phase de poules seulement. Elle bosse pour une chaîne de télé qui diffuse la compétition en français. « Cette CAN montre un niveau de jeu incroyable. Quand je vois les scores des équipes appelées petits poucets, on peut simplement dire que c'est historique. Le Mozambique qui contraint l'Egypte au nul, le Cap-vert qui bat le Ghana, l'Angola qui fait match nul face à l'Algerie, la Namibie qui terasse la Tunisie. C'est énorme. Le seul bémol, c'est que le volume de travail a augmenté. Je finissais avant cette compétition à 18h au plus tard. Là, c'est soit 22h ou même minuit souvent. Je serai heureuse que cette CAN 2023 prenne fin le 11 février 2024 afin de revenir à une vie normale », soupire-t-elle. Contrairement à ces deux femmes, pour la plupart, c'est le calvaire depuis un mois.
Le foot malgré elles
Beaucoup de femmes étaient habituées à voir leurs conjoints monopoliser la télévision les week-ends à cause du foot européen. Mais depuis le 13 janvier, c'est la totale. Du matin au soir, il n'y en a que pour le football au point de perdre l'habitude de regarder leurs séries habituelles. « J'ai dû changer beaucoup de mes habitudes pour ne pas me disputer avec mon époux. Je sais que c'est un féru de football mais là, c'est exagéré. Il ne sort plus de la maison sauf quand il doit aller travailler. Il ne va pas au terrain car il se plaint de la lenteur et des difficultés pour se procurer des billets. Ça me ravit qu'il soit là mais l'ennui nous tue mes enfants et moi . Eux encore ont droit entre deux matches à leurs dessins animés mais moi, non. Rien. Si je dois regarder la télévision, c'est tard la nuit quand il en a fini avec toutes les rediffusions de matches et autres émissions. C'est pénible. Je n'avais pas d'amies au quartier. J'ai dû m'en faire , surtout des célibataires, afin de profiter un peu de mes feuilletons télévisées avec elles », raconte avec un air amusé M. Zogbé.
Elancée comme une gazelle, la commerçante de friandises pour enfants passe désormais au second plan pour son mari. Certaines femmes vont même jusqu'à faire des heures supplémentaires au boulot pour éviter les bruits assourdissants quand monsieur regardent le match de la CAN 2023 avec des potes. « Mon mari a quatre amis. Ils sont inséparables. Quand il y a les matches de l'Argentine surtout, l'atmosphère est irrespirable à la maison. Nous n'avons pas encore d'enfants. C'est donc avec lui que je passe le temps quand je rentre du boulot. Depuis un mois, c'est impossible. Au lieu de rentrer à 16h30, je préfère rentrer maintenant à 20h au moment où passe le dernier match de la journée. Comme ça, je suis moins victime de leurs ascenseurs émotionnelles et des cris à tout-va », assure Reine K. qui attire pourtant toute l'attention avec son postérieur rebondi. « En réalité, je n'aime pas le football. Mais là, je suis obligée de le suivre. Je travaille dans un hôtel à Korhogo et il y a des supporters maliens et des journalistes locaux et internationaux qui font du bruit chaque jour de match. Je suis donc obligée de m'adapter. », soupire M. Assi, réceptionniste dans un réceptif hôtelier. « Je n'aime pas le football. Je ne le suis pas même dans cette période. C'est mon travaille qui m'intéresse », tranche D. Minata, qui travaille pourtant dans une fan zone pour la CAN 2023 où sont projetés tous les matches au quotidien. C'est clair, en football, il y a toujours des gagnants et des perdantes.
Sanh Séverin
