CAN 2025 : Pape Thiaw à l’heure des choix
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Tous les articles d’origineAccroché par la République Démocratique du Congo (1-1), le Sénégal abordera son troisième et dernier match de groupe sous pression. Toujours leader, les Lions n’ont toutefois plus le droit à l’erreur dans leur équilibre. Contesté pour ses choix tactiques et certaines options individuelles, Pape Thiaw se retrouve face à un tournant décisif de sa CAN.
Un 4-2-3-1 qui interroge face à un adversaire de calibre
Face à la RDC, Pape Thiaw a choisi de maintenir son 4-2-3-1, avec quatre profils offensifs alignés d’entrée : Sadio Mané, Nicolas Jackson, Ismaila Sarr et Iliman Ndiaye. Une configuration ambitieuse sur le papier, mais qui a rapidement montré ses limites face à une équipe congolaise capable de punir à la moindre perte de balle.
Le Sénégal s’est ainsi retrouvé déséquilibré dans les transitions défensives, avec un milieu exposé et une ligne offensive parfois déconnectée du reste du bloc. Contre un adversaire du calibre de la RDC, le 4-3-3 apparaît pourtant comme une option plus rationnelle, permettant de densifier l’entrejeu et de mieux contrôler le tempo du match, quitte à sacrifier un élément offensif.
Le retour du dilemme du 4-3-3
Ce débat n’est pas nouveau. Lors de ses grands rendez-vous, face à la RDC, à l’Angleterre ou encore au Brésil, Pape Thiaw a souvent opté pour une attaque à trois têtes. Mais jusqu’ici, un absent venait presque toujours simplifier ses choix. Dans cette CAN au Maroc, la situation est différente. Tous les cadres sont disponibles. Nicolas Jackson, longtemps pointé du doigt pour son manque d’efficacité, a inscrit ses deux premiers buts dans la compétition.
Malgré une prestation en demi-teinte, Ismaila Sarr a lui aussi été reconduit contre la RDC, preuve de la confiance accordée par le sélectionneur à ses cadres offensifs. Ce contexte rend chaque décision plus délicate. Maintenir quatre offensifs, au risque de fragiliser l’équilibre collectif, ou revenir à une structure plus compacte au milieu pour sécuriser l’essentiel ?
Ibrahim Mbaye, l’option qui change la donne
Au-delà du dispositif, les choix individuels sont également scrutés. À seulement 17 ans, Ibrahim Mbaye a marqué les esprits lors de ses entrées en jeu. Percutant, audacieux, libéré, le jeune ailier et plus jeune joueur sénégalais de l’histoire de la CAN, a dynamisé l’attaque sénégalaise. Face à la RDC, il est à l’origine de l’égalisation. Une longue chevauchée conclue par une frappe repoussée par le gardien, offrant à Sadio Mané l’opportunité de conclure. Une action symbolique de son impact immédiat.
Au regard des performances en retrait d’Ismaila Sarr, la question se pose désormais ouvertement. Pape Thiaw osera-t-il titulariser Ibrahim Mbaye lors du dernier match de groupe face au Bénin ? Un choix fort, mais potentiellement révélateur d’une volonté de bousculer la hiérarchie.
Un tournant dans la compétition
Dispositif, animation, hiérarchie offensive : Pape Thiaw se retrouve déjà à l’heure des choix, peut-être plus tôt que prévu dans cette CAN. Leader de son groupe mais sous observation, le Sénégal joue gros, autant sur le plan du résultat que sur la crédibilité de son projet de jeu.
Le prochain match dira si le sélectionneur choisit la continuité, au risque de persister dans un déséquilibre, ou s’il tranche, en assumant des décisions structurantes pour la suite de la compétition.
