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Mali : Ange Martial Tia, deux matches pour changer de dimension

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​À 19 ans, le jeune Rémois a frappé fort pour ses débuts avec les Aigles. Titulaire contre le Cap-Vert, buteur cinq minutes après le coup d’envoi, il a récidivé quatre jours plus tard au Liberia pour offrir la victoire au Mali. Deux sélections, deux buts, deux succès : l’éclosion internationale d’un talent formé à l’Académie Afrique Football Élite.

​Il n’a pas attendu pour se présenter. À peine cinq minutes de jeu face au Cap-Vert, pour sa première titularisation avec les Aigles, Ange Martial Tia avait déjà inscrit son nom dans le match. Servi par une remise de Lassine Sinayoko, l’ailier droit du Stade de Reims a repris instantanément le ballon d’une frappe précise, hors de portée de Vozinha. Le geste était net, sans fioriture. Le symbole, puissant : pour sa première apparition internationale avec les A, le jeune Malien de 19 ans venait d’inscrire son premier but chez les seniors.

​Dans l’arène de Yirimadio, devant un public nombreux, Tia venait surtout de franchir une étape qu’il préparait depuis plusieurs années. « Depuis l’époque où j’étais avec les U17, j’ai toujours rêvé de jouer avec l’équipe première du Mali », confiait-il après sa première sélection. « Aujourd’hui, pouvoir porter ce maillot et représenter mon pays à ce niveau est une immense fierté. »

​Mais le scénario ne s’est pas arrêté à Bamako. Quatre jours plus tard, à Monrovia, Ange Tia a récidivé. Son but a offert au Mali une victoire 1-0 face au Liberia. Deux matches, deux buts, deux victoires : difficile d’imaginer des débuts plus marquants.

​De l’AFE aux scènes internationales

​Cette réussite n’est pourtant pas née en septembre. Elle s’inscrit dans une trajectoire construite dès les catégories de jeunes. Formé à l’Académie Afrique Football Élite (AFE), Tia s’était révélé lors de la CAN U17 2023 au Maroc, où le Mali avait terminé quatrième. Quelques mois plus tard, il participait à la Coupe du monde U17 en Indonésie, conclue par une médaille de bronze pour les Aiglonnets.

​Avec les U17, son bilan dans ces deux compétitions témoigne déjà de son influence : deux buts et deux passes décisives en onze rencontres. Lors de la CAN, il s’était notamment distingué en demi-finales contre le Maroc, où il avait été élu homme du match.

​Soumaïla Coulibaly, qui l’avait dirigé chez les U17, n’est donc pas surpris de le voir franchir rapidement le cap supérieur. « Il a fait un bon début pour les deux matches. Il est jeune, il a le talent », estime le sélectionneur des cadets, qui insiste surtout sur la nécessité de lui laisser du temps.

​Pour Soumaïla Coulibaly, Tia possède également une qualité essentielle à cet âge : la capacité à assimiler les exigences du haut niveau. « Il faut être patient avec les jeunes, même s’il fait deux bons matches. Il ne faut pas le pousser trop vite. Il faut le laisser grandir. »

​« Sa compréhension du jeu était supérieure à la normale »

​À l’AFE, où Ange Tia Martial a effectué l’essentiel de sa formation, son évolution n’a pas surpris non plus. Témilé Kouadio, dit Coach Charlton, directeur technique de l’académie, se souvient d’un joueur dont les qualités de lecture du jeu apparaissaient très tôt. « Dès son jeune âge, on sentait qu’il avait une compréhension du jeu nettement supérieure à la normale », raconte-t-il. Après un passage dans un club à Abidjan, Tia avait rejoint l’AFE, où il s’est véritablement affirmé.

​Pour son ancien formateur, son arrivée rapide au plus haut niveau est la conséquence logique de ce parcours. « Je ne suis pas du tout étonné du niveau qu’il a aujourd’hui. Très tôt, il a joué dans le championnat malien, puis une CAN U17 et une Coupe du monde U17. »

​Son conseil, désormais, tient en quelques mots : rester lui-même. « Martial, au-delà du footballeur, c’est une très très bonne personne. Je lui conseillerais de rester comme il est, comme il a toujours été, et de continuer à progresser. »

​Reims, puis les Aigles

​Ses performances avec les équipes de jeunes et avec l’AFE avaient fini par attirer l’attention au-delà du Mali. Début 2025, Tia rejoignait le Stade de Reims. Il découvrait la Ligue 1 en mars avant de connaître, quelques semaines plus tard, l’atmosphère particulière d’une finale de Coupe de France face au Paris-SG, remportée 3-0 par le club parisien.

​Cette expérience en France a ajouté une nouvelle dimension à sa formation. Avec Anthony Da Silva, elle semble désormais servir de tremplin international.

​Le nouveau sélectionneur malien assume d’ailleurs pleinement son choix de l’avoir titularisé dès sa première sélection. Ce qu’il a vu chez Tia ? « Avant tout un joueur qui a envie d’apprendre et de progresser », explique-t-il.

​Da Silva met en avant « une certaine intelligence tactique », sa capacité à interpréter les différents moments du jeu, à se positionner et à attaquer les espaces. « C’est aussi un joueur ambitieux, techniquement à l’aise et qui n’a pas peur de prendre des responsabilités. »

​Le sélectionneur du Mali sait toutefois que deux matches ne suffisent pas à définir une carrière. « Cela ne veut pas dire qu’il est arrivé au bout de son chemin, bien au contraire. Il a encore une grosse marge de progression. À nous maintenant de l’accompagner, de ne pas brûler les étapes et de le laisser grandir naturellement. »

​Deux buts, mais surtout un premier message

​Le principal intéressé, lui, mesure la portée de ses débuts. Après la victoire contre le Cap-Vert, il ne cachait pas son émotion : « Depuis U17, j’ai toujours représenté le Mali et mon rêve était de marquer mon premier but avec l’équipe A, surtout à domicile devant ces supporters. C’est une fierté, c’est un rêve accompli. »

​Il avait également tenu à remercier Anthony Da Silva pour sa confiance, lui qui l’avait convoqué puis lancé d’entrée dans un contexte particulièrement exposé.

​À seulement 19 ans, Ange Martial Tia vient donc de franchir une nouvelle marche. De l’AFE aux sélections de jeunes, de la médaille de bronze mondiale U17 au Stade de Reims, puis des premières minutes chez les Aigles aux deux buts décisifs de septembre, son parcours s’accélère.

​Mais le plus difficile commence peut-être maintenant : confirmer. Le talent est identifié, les premiers signes sont là. La suite, elle, appartient au joueur et à l’accompagnement qui lui sera proposé. Comme le répètent ceux qui l’ont connu avant les projecteurs, Ange Tia devra continuer à travailler, rester patient et conserver cette simplicité qui l’a accompagné jusqu’ici.

​À 19 ans, il vient seulement d’ouvrir son chapitre chez les Aigles. Et il l’a commencé avec deux buts et deux victoires.

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