
Ils étaient tous deux récemment au Congrès de la FIFA à Vancouver, au Canada. Avant ça, ils étaient en Allemagne au siège de Puma pour parler contrat avec la marque allemande, équipementier des Eléphants de Côte d’Ivoire. En apparence, tout va bien entre Yacine Idriss Diallo, président de la Fédération ivoirienne de football et son premier vice-président, Malick Tohé.
Mais en Septembre prochain, après le Mondial 2026, ils ne fumeront plus le calumet de la paix. Le 23 avril 2026, au siège de la FIF à Treichville, ils ont mis un point d’honneur à taire leurs différences sans pour autant laisser transparaître leur ambition. Chacun à sa manière.
« Ça fait 4 ans que ce Comex a été élu. Le président de la FIF, Yacine Idriss Diallo, a voulu que nous fêtions cet anniversaire. Nous sortons d’un comité exécutif mais c’était un comité pour célébrer les 4 ans de notre mandat. Nous sommes là pour nous projeter vers l’avenir et l’avenir c’est le Mondial. Il faut aller en rangs serrés au Mondial afin que la Côte d’Ivoire fasse le meilleur parcours possible », avait laissé entendre Malick Tohé, qui a pris la parole en premier avec l’accord d’Idriss Diallo.
« À l’approche de la Coupe du monde 2026, le président de la FIF et son Comité exécutif lancent un appel solennel à l’union sacrée de tous les Ivoiriens. Dans un esprit de cohésion nationale, ils invitent chaque citoyen à se mobiliser derrière les Éléphants afin d’accompagner la sélection nationale vers de nouveaux exploits.
Plus que jamais, le Comité exécutif se présente uni, solidaire et pleinement engagé. Fort des acquis de ce mandat, il réaffirme sa détermination à poursuivre le renforcement de la gouvernance, la modernisation des structures et le développement durable du football ivoirien », a promis, pour sa part, le patron de la faîtière.
Reconciliation impossible
Il y a quasiment un an et un mois, à la CAN U17 2025 à Mohammedia, au Maroc, le vice-président Malick Tohé a demandé à Idriss Diallo qu’ils repartent pour le prochain mandat sur un new deal, selon ses propres termes. Car, selon ses proches, il n’est pas associé à certaines prises de décisions concernant les finances. Il y a eu des nominations de membres du comité exécutif de la FIF à la FIFA mais il a été snobé.
Après avoir porté le combat du GX, un groupe de dirigeants mécontents, qui a abouti à l’élection d’Idriss Diallo en 2022, il lui a été refusé qu’on positionne un de ses hommes de main, Pierre Gondo, en lieu et place d’Armand Gohourou, actuel directeur exécutif de la FIF. Des griefs longs comme un chapelet, qui ont mis à mal les relations fraternelles entre les deux puissants hommes d’affaires.
Idriss Diallo aurait fait la sourde oreille à tout, selon un proche de Tohé . Après la Coupe d’Afrique des Cadets en 2025, le président de la FIF a annoncé à la première réunion du comité exécutif son désir d’être candidat. Malick Tohé a considéré cet acte comme un affront.
« Malick Tohé n’a pas aimé ce manque de respect. Pour lui, lui et Idriss devaient s’entendre d’abord avant qu’il n’annonce sa candidature », nous explique un des bras droits de Tohé.
« C’est vrai Malick a parlé de new deal avec le président de la FIF, mais il n’a jamais dit de quoi il s’agissait dans ce deal. Jusqu’à présent le président Yacine Idriss Diallo ne sait pas de quoi il s’agit. Pis, il ne comprend pas qu’on puisse faire partie d’un comité exécutif et avoir d’autres idées en tête en espérant, par exemple, un faux pas au Mondial pour porter l’estocade. En tout état de cause, le président Idriss Diallo suit tout ça de près car quand il s’informe auprès de Malick Tohé, ce dernier lui dit qu’il n’est pas candidat alors qu’en réalité il agit dans son dos », confie un des conseiller spéciaux du président de la fédération. Même les tentatives de conciliabules, prônées par Jacques Anouma à d’autres sphères où les deux se voient, n’y ont rien fait.
Des rencontres en secret
Malick Tohé n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature à la FIF mais en coulisses, la rumeur court. Elle est même devenue réalité puisque les présidents de club se sont confiés à Sport News Africa. « On a eu des rencontres ici (Abidjan, Korhogo, Ndlr) et quand on était au Maroc aussi, à Marralech précisément, pendant la CAN 2025. Il a envoyé des éclaireurs nous courtiser. Lui-même nous a reçus à dîner pour nous dire qu’il est candidat », informe un dirigeant d’un club de Ligue 2. « Lors de la fête de Ramadan, il nous a invités. Pour l’inauguration de la mosquée dédiée à sa mère, à Korhogo (Nord du pays, Ndlr), également. Il tisse sa toile, en secret. Je crois qu’il fera son annonce officielle après le Mondial », conclu notre interlocuteur.
Trois candidats ont officiellement annoncé leur ambition de briguer la présidence de la Fédération ivoirienne de football. Il s’agit de Yacine Idriss Diallo, Cissé Souleymane, président su Racing Club d’Abidjan et de Zoro Marc, ex-footballeur international. Le scrutin, initialement prévu en juin, a été reporté en septembre 2026, après la Coupe du monde suite à un vote en Assemblée Générale.
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À propos de l'auteur
Séverin SANH
Rédacteur sportif
Journaliste, correspondant SNA en Côte d'Ivoire.
