
Une CAN tous les deux ans, un modèle à bout de souffle
Organisée tous les deux ans depuis 1957, la CAN est aujourd’hui à un tournant de son histoire. L’élargissement du tournoi à 24 équipes depuis 2019 a fait exploser les exigences logistiques et financières. Stades aux normes CAF, réseau hôtelier, infrastructures de transport, sécurité : peu de pays africains sont capables de supporter seuls une telle organisation, et ceux qui s’y aventurent le font souvent au prix de lourds investissements étatiques. Au-delà des défis matériels, la fréquence bisannuelle de la CAN engendre une saturation du calendrier, notamment pour les joueurs africains évoluant en Europe, soumis à une double pression : celle de leurs clubs et celle de leurs sélections.
La Ligue des nations africaine, une idée ancienne jamais concrétisée
Ce n’est pas une idée nouvelle. Dès 2019, Ahmad Ahmad, alors président de la CAF, confiait à Jeune Afrique. « Les fédérations africaines y sont très largement favorables. Et personnellement, je pense que c’est une évidence. »
Le projet était alors à un stade avancé, avec pour ambition de calquer la structure européenne : quatre divisions basées sur le classement FIFA, un système de promotion-relégation, des matchs étalés sur les fenêtres FIFA, et une intégration possible dans le système de qualification à la CAN. Des échanges avaient même eu lieu avec l’UEFA pour étudier les modalités d’un tel format sur le continent africain. Ahmad ajoutait alors : « Nous ferons également en sorte que cette Ligue des nations, si elle devait être créée, ne surcharge pas le calendrier. » Depuis, l’idée est restée dans les tiroirs de la CAF, sans suite concrète. Mais le contexte actuel pourrait relancer les débats.
Une réponse moderne aux défis du football africain
Revenir sur le projet de Ligue des nations africaine aujourd’hui, c’est répondre à plusieurs impératifs structurels :
- Remplacer les matchs amicaux sans enjeu par des rencontres officielles à enjeu, renforçant la compétitivité.
- Stimuler la visibilité médiatique et attirer de nouveaux sponsors sur une compétition annuelle.
- Désengorger les exigences logistiques : pas de pays hôte désigné, chaque nation recevant à domicile selon un calendrier allégé.
- Offrir un tremplin sportif aux sélections de second rang, souvent privées de grande exposition.
- Consolider le classement FIFA des sélections africaines avec des matchs officiels et compétitifs.
Une CAN tous les 4 ans, un passage inévitable ?
Pour accompagner cette réforme, espacer la CAN tous les 4 ans, à l’instar de la Coupe du monde, devient une proposition de plus en plus défendue :
- Pour soulager les calendriers surchargés.
- Pour permettre une meilleure préparation et plus de prestige à la CAN.
- Pour encourager un cycle d’organisation mieux maîtrisé par les pays hôtes.
Entre deux CAN, une Ligue des nations viendrait maintenir l’élite africaine dans une dynamique compétitive annuelle, sans l’usure logistique et diplomatique d’un tournoi continental.
Vers une nouvelle ère pour la CAF ?
Alors que l’UEFA et la Concacaf ont réussi à faire de leur Ligue des nations un produit sportif et commercial attractif, l’Afrique a désormais l’opportunité de suivre la même voie, tout en l’adaptant à ses réalités. Le projet, évoqué il y a cinq ans, avait suscité de l’enthousiasme. Il est temps pour la CAF de le remettre sur la table. En repensant son calendrier autour d’une CAN quadriennale et d’une Ligue des nations annuelle, la CAF répondrait aux attentes d’un football africain plus structuré, compétitif et durable. Une réforme qui marquerait un tournant historique dans la gouvernance du football sur le continent.
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