
Organisé par la Fédération burkinabè de boxe, ce combat de conquête revêtait une importance particulière. La soirée, parrainée par le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, était attendue comme le signal d’une renaissance. La Fédération burkinabè misait sur une issue éclatante pour son champion invaincu. Mais le challenger béninois, Dossou Faustin Houenou, a rapidement rappelé qu’il appartenait à la catégorie des durs à cuire.
Dès la première reprise, Nikiéma a imposé son rythme avec des directs puissants et des uppercuts précis. Le Burkinabè, plus technique et plus mobile, a multiplié les offensives pour chercher l’arrêt avant la limite. Dos au mur, acculé dans les cordes à plusieurs reprises, Houenou a fait preuve d’une résistance exceptionnelle. Surnommé « l’encaisseur », le Béninois a absorbé les coups sans jamais céder, forçant le combat à aller jusqu’au bout.

Les juges ont rendu un verdict unanime : 120-108, 119-109 et 120-108 en faveur d’Abel Hamed Nikiéma. La domination technique du champion burkinabè a fait la différence, mais la solidité mentale et physique de Houenou a empêché toute conclusion prématurée. Ce combat a démontré deux styles complémentaires : la pression constante et la précision d’un côté, le cœur et la capacité à encaisser de l’autre.
Au bord du ring, Abel Hamed Nikiéma a livré une analyse lucide de son adversaire : « Mon adversaire était un véritable encaisseur. J’ai tout essayé pour l’arrêter, mais il a démontré qu’il était un grand combattant. On ne monte pas sur le ring avec l’idée de chercher le KO. On travaille jusqu’au bout. Si le KO vient, tant mieux. » Le boxeur burkinabè a ensuite dédié sa ceinture « à la population burkinabè et particulièrement à mes frères d’armes qui sont restés sur le front ». Ce message patriotique ancre sa victoire dans le contexte national actuel et dépasse le simple cadre sportif.

La ministre des Sports, Annick Pikbougoum, a salué la performance des deux hommes : « Un très beau combat entre deux grands champions. Beaucoup espéraient un KO, mais il faut reconnaître que le challenger béninois a montré énormément de courage. Notre champion a néanmoins démontré toutes les qualités attendues d’un grand boxeur. »
Un titre à défendre sous six mois
Conformément au règlement de la boxe professionnelle, Abel Hamed Nikiéma devra remettre sa ceinture WBA Africa en jeu dans un délai maximum de six mois. Le nouveau champion l’a déjà intégré à sa feuille de route : « L’objectif est désormais de défendre cette ceinture et, progressivement, d’aller chercher une ceinture mondiale. Nous voulons faire revivre la boxe burkinabè. » Cette ambition est réaliste.
Abel Hamed Nikiéma dispose d’un palmarès et d’une expérience qui le place parmi les meilleurs poids moyens du continent. La conquête de ce titre continental constitue le succès au plus haut niveau de la boxe africaine dont la Fédération burkinabè avait besoin pour rallumer la flamme.

Outre le combat principal, la soirée a vu plusieurs victoires burkinabè en amateur et chez les néo-professionnels, confirmant l’émergence d’une relève solide. Le Burkina Faso, qui n’avait plus décroché de titre continental depuis près de dix ans, retrouve ainsi une visibilité et une crédibilité sur la scène africaine.
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À propos de l'auteur
Ablam GNAMESSO
Rédacteur sportif
Reporter sportif et journaliste tout terrain. Membre AIPS et jury des IFFHS Awards.
