
Comment décris-tu tes débuts dans le football, toi qui a débarqué petit en France ?
J’ai voyagé pour venir à Limoges pour étudier de base et j’ai été repéré par le Racing Club de Lens grâce à mon petit cousin. Et grâce à lui, j’ai pu intégrer le centre de formation du RC Lens. Quand j’étais petit, je ne pensais même pas devenir footballeur professionnel dans mon île. Et quand j’ai intégré Lens, c’est là où je me suis dit qu’il y avait moyen de faire quelque chose de grand. Je me suis donné les moyens pour en arriver là. J’ai commencé depuis les U15. À ce moment-là j’étais ailier, puis on m’a descendu plus bas, piston gauche après un changement de système, et j’ai fini latéral gauche.
Comment vis-tu ton début de carrière professionnelle à Lens ?
Mon début en pro, ça va vite parce que quand je signe mon premier contrat pro, Lens vient de monter en Ligue 1. Et je n’avais jamais joué en pro. Grâce à mes efforts, je n’ai jamais rien lâché. J’ai montré au staff que j’avais les qualités pour jouer avec l’équipe première pendant la préparation. Et le premier match contre Nice, je ne m’y attendais pas : je suis titulaire. Le coach vient me voir à la fin de l’entraînement et me dit que j’allais commencer. J’avais un peu de pression, mais je suis resté serein. Franchement, je ne prends que du plaisir. Je ne me pose pas de questions. À cet âge-là, j’essaie surtout de rester concentré et de profiter.
Tu fais trois belles années à Lens, puis tu fais le choix de partir. Pourquoi ?
Je suis arrivé à la fin du contrat. Le staff voulait prolonger mon contrat. Et comme j’avais moins de temps de jeu, j’ai décidé de descendre plus bas et de remonter comme je l’ai fait. C’était une décision réfléchie, pour continuer à progresser et retrouver du temps de jeu.
Comment s’est passée ton arrivée dans ton nouveau club après Lens ?
Je connaissais déjà quelques personnes, quelques joueurs. J’ai directement appelé pour prendre la température. J’ai appelé Thierno Baldé, il m’a directement mis à l’aise parce que j’ai joué avec lui au Havre. On se connaissait déjà. Et je pense que l’intégration s’est bien passée. Ils m’ont très bien accueilli dès que je suis arrivé.
"Je ne croyais même pas qu’on allait finir champions. C’est un rêve. C’est un rêve qui se réalise. Depuis tout petit, on joue au foot pour avoir des trophées."
Comment tu arrives à rebondir et à t’imposer derrière ?
C’est avec le travail. Je me suis dit que j’avais le niveau depuis Lens. Même si je descends en Ligue 2, je veux montrer que j’ai le niveau pour remonter en Ligue 1. Je n’ai jamais rien lâché. C’est le travail qui paye. Je reste dans cette mentalité tous les jours.
Comment tu analyses cette saison qui te couronne champion de Ligue 2 ?
C’était formidable. Avec tous les hauts et les bas qu’on a eus. Parce que quand je suis arrivé, ce n’était pas facile d’entrer. Et avec la confiance du coach, du staff, de mes coéquipiers, je pense qu’on a réalisé quelque chose de grand cette année. On s’est battus les uns pour les autres. On avait une belle équipe. Il y avait des individualités avec Detourbet, Bentayeb… mais le plus important c’était le collectif, l’équipe. Et on a montré qu’on avait du potentiel pour remonter en Ligue 1. On l’a démontré pendant toute la saison en restant leader. Je me suis toujours donné à fond, car je n’aime pas avoir des regrets. Et maintenant Dieu merci, on est champions.
À titre personnel, ce titre représente quoi pour toi ?
Franchement, ce n’est pas rien. Je ne croyais même pas qu’on allait finir champions. C’est un rêve. C’est un rêve qui se réalise. Depuis tout petit, on joue au foot pour avoir des trophées. On sait qu’il y a plein de joueurs, des grands joueurs, mais ils n’ont pas eu des trophées majeurs. Et commencer comme ça, être champion de Ligue 2, avoir un trophée, il n’y a rien de mieux pour bien commencer. Revenir en Ligue 1 est spéciale.

L’autre évènement de ta saison reste ta toute première Coupe d’Afrique des nations, au Maroc. Qu’est-ce que ça t’a apporté ?
C’est une première pour moi. J’ai pris du plaisir. On a très bien joué, que ce soit en équipe ou individuellement. On a tout mis en œuvre pour faire une belle CAN. Malheureusement on ne s’est pas qualifiés, mais déjà le fait de vivre ça, c’est formidable. C’est le plus grand tournoi en Afrique, il n’y a que des grands joueurs. Je suis super content d’avoir participé à ce tournoi. C’est un honneur de représenter les Comores à la CAN. Franchement j’ai pris du plaisir, que ce soit sur le terrain ou en dehors, avec tous mes coéquipiers. Le premier match contre le Maroc, je pense qu’il va rester gravé à vie. Il n’y a que des grands joueurs au Maroc, comme Brahim Diaz ou Achraf Hakimi. Et se confronter à ce genre de joueurs, il n’y a pas mieux. Ça va rester gravé à vie dans ma carrière. Certains joueurs étaient époustouflants, il n’y a qu’à voir Neil El Aynaoui. Il se plaçait dans des zones, on se disait “wow, mais comment il voit tout ça.”
"L’objectif, c’est que les Comores soient reconnues dans le monde."
Les Comores sont tombés dans le groupe du Cameroun pour les qualifications à la prochaine CAN. Quel est l’objectif après y avoir pris part cet hiver ?
Ça donne envie de revivre d’autres Can. Maintenant, c’est à nous de nous donner les moyens d’y être régulièrement. Les Comores, c’est une petite nation, on revient de loin. Je pense qu’on fait aujourd’hui ce que les anciens ont fait pour nous, et c’est déjà formidable. Mais maintenant, il faut aller plus loin. Il faut ramener d’autres jeunes joueurs comoriens talentueux et se donner les moyens d’évoluer dans les plus grands clubs. L’objectif, c’est que les Comores soient reconnues dans le monde.
Déjà, ça passe par des qualifications régulières à la CAN, en continuant à travailler comme on le fait. Et ensuite, il faut assumer sur le terrain : arriver à la CAN, montrer qu’on a le niveau, gagner des matchs et passer les poules, comme au Cameroun justement (en 2021). C’est ce que les générations précédentes ont déjà réussi à faire, et à continuer sur cette voie.
Aujourd’hui, comment vois-tu la suite de ta carrière ?
Mes ambitions, c’est d’être le plus haut possible. Je ne me donne pas de limites. J’essaie de tout donner et de ne rien laisser, de ne pas avoir de regrets. La Ligue 1 est spéciale, on joue contre les meilleurs, c’est un championnat regardé partout. Ça m’a manqué, donc je me suis donné à fond pour remonter. Maintenant c’est à moi de montrer que j’ai encore le niveau et que je peux répondre aux attentes du club.
Rejoignez notre communauté sportive !
Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.
À propos de l'auteur
Hicham BENNIS
Rédacteur sportif
Passionné de sport depuis toujours, partage avec vous les dernières actualités et analyses du monde sportif.
