
C’est un exploit qui aura attendu 52 ans. En s’imposant mardi en barrage intercontinental face à la Jamaïque (1-0, après prolongation), la sélection de la RD Congo a validé son billet pour la Coupe du monde 2026, déclenchant une liesse sans précédent à travers le pays. Mais l'ivresse de la victoire est en train de laisser place à une bataille juridique et administrative de haute volée.
Une parade présidentielle qui cristallise les tensions
Le président Félix Tshisekedi, souhaitant marquer d'une pierre blanche cette "renaissance" du football congolais, a décrété l'organisation d'une parade présidentielle ce dimanche à Kinshasa. Au programme : un accueil héroïque pour les joueurs, qui doivent être élevés au rang de Chevalier de l'Ordre National.
Problème : cette célébration impose aux joueurs de rester sur le sol congolais bien au-delà du délai de 48 heures prescrit par les règlements de la FIFA pour le retour en club après la fin d'une trêve internationale. Une décision jugée "unilatérale" par les employeurs européens, qui n'ont pas été notifiés par la Fédération Congolaise de Football Association ( FECOFA).
Olivier Létang tape du poing sur la table
Au Domaine de Luchin, l'ambiance est loin d'être à la fête. Alors que le LOSC prépare le très attendu derby du Nord contre le RC Lens ce samedi soir au stade Pierre-Mauroy, son capitaine et défenseur central, Chancel Mbemba, manque toujours à l'appel. Si son compatriote Ngal’ayel Mukau est bien rentré, Mbemba, lui, est resté à Kinshasa pour les festivités.
Pour le président lillois Olivier Létang, la pilule ne passe pas :
"La fédération congolaise a décidé de façon unilatérale de bloquer des joueurs jusqu’à lundi alors que les règlements FIFA sont clairs : les joueurs doivent être de retour dans leurs clubs 48 heures après le match. Le joueur aurait dû être à Lille hier (jeudi) en fin d’après-midi."
Le patron des Dogues ne compte pas en rester là. Le club a officiellement saisi les instances internationales pour contester ce manquement de dernière minute.
"Le dossier est déjà entre les mains de la discipline de la FIFA car c’est une jurisprudence très dangereuse pour tous les clubs, qui paient les joueurs. Les instances sont très sensibles et ont aussi déjà écrit à la fédération congolaise."
Une gronde qui dépasse les frontières françaises
Lille n'est pas un cas isolé. En Belgique, l'entraîneur du Standard de Liège a également fustigé une situation qui pénalise son effectif, tout comme son homologue de l'Espanyol Barcelone. Tous dénoncent un manque de respect des calendriers internationaux au profit d'un agenda politique national.
Si la fierté nationale est immense pour les joueurs au vu de l'exploit, ces derniers se retrouvent coincés entre leur devoir patriotique et leurs obligations contractuelles. Sauf que les conséquences pourraient être lourdes pour certaines d'entre eux qui s'exposent d'ores et déjà à des sanctions disciplinaires de la part de leurs employeurs, allant des amendes salées à une mise à l'écart au moment de leur retour.
Rejoignez notre communauté sportive !
Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.
À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
