
Célébré chaque 13 juin, l'anniversaire du président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est l’occasion de braquer les projecteurs sur une facette indissociable de son image publique : sa passion dévorante pour le sport. Décrit par le président de la FIFA, Gianni Infantino, comme un véritable passionné, le chef de l'État s'est imposé en quelques années comme l'artisan majeur du redressement sportif de son pays.
En mêlant investissements structurels, diplomatie offensive et ferveur populaire, il a orchestré une politique ambitieuse dont le point d’orgue reste, sans conteste, le retour historique de la RDC sur la scène footballistique mondiale.
Du terrain de jeunesse aux tribunes officielles
Pour Félix Tshisekedi, le sport n'est pas qu'une posture politique, c’est une histoire personnelle. Durant sa jeunesse passée dans la région du Kongo Central, il occupait le poste de gardien de but. Cette ancienne vocation lui colle tellement à la peau dans le débat public qu'il n’a pas hésité à rechausser les crampons le 2 décembre 2024 au Stade des Martyrs de Kinshasa. Lors d'un « Match pour la paix » organisé en soutien aux populations de l'Est, le président est entré en jeu sous les acclamations pour défendre les cages d’une sélection locale face au Variétés Club de France.

Grand amateur de football et fervent suiveur du Paris Saint-Germain, c’est surtout en premier supporter des Léopards qu'il vibre au quotidien. Aux côtés de la Première dame Denise Nyakeru, il arpente régulièrement les tribunes pour insuffler l'appui de l'État aux athlètes. Après le parcours honorable des Léopards à la CAN 2023, conclus par une 4e place, le chef de l’État a accéléré les réformes stratégiques pour transformer les coups d'éclat en succès pérennes.
Un bilan institutionnel lourd : infrastructures et diplomatie sportive
Sous sa présidence, la RDC a opéré une mue spectaculaire pour s'affirmer comme un carrefour sportif continental. Le virage a été négocié à travers plusieurs actions d'envergure :
Les IXes Jeux de la Francophonie (2023) : Malgré les défis et les reports, Kinshasa a accueilli l'événement en modernisant le mythique stade Tata-Raphaël et en bâtissant de nouveaux gymnases, marquant le plus grand investissement infrastructurel du pays depuis l'indépendance.
Le partenariat avec la FIFA (2025) : En septembre 2025, un accord historique a été scellé à New York avec Gianni Infantino pour la création d’écoles de football, de centres d'excellence et la formation certifiée d’entraîneurs et d’arbitres.
La stratégie « DRC, coeur de l'Afrique » : Pour faire rayonner la marque pays, le gouvernement a signé des contrats promotionnels de premier plan avec des géants d'Europe comme le FC Barcelone, l'AC Milan et l'AS Monaco.

Le terrain de jeu s'est également étendu à la diplomatie. Début 2025, Kinshasa a mené une offensive de soft power en demandant officiellement au PSG, à Arsenal, au Bayern Munich ainsi qu’à la NBA de rompre leurs partenariats liés à la campagne « Visit Rwanda », dénonçant l'exploitation des ressources de l'Est congolais.
La délivrance et le retour au Mondial 2026
Le point d'orgue de cette impulsion présidentielle s'est écrit en lettres d'or en mars-avril 2026. En s'imposant 1-0 face à la Jamaïque lors des barrages intercontinentaux à Guadalajara, la RDC a officiellement validé son billet pour la Coupe du monde 2026. Pour les Congolais, l'émotion est immense : le pays n'avait plus goûté à la phase finale de la plus prestigieuse des compétitions depuis plus d'un demi-siècle, sa dernière participation remontant à 1974.
Fidèle à sa réputation de premier supporter, Félix Tshisekedi a associé cette qualification historique à un puissant vecteur d’unité nationale. Recevant l'équipe nationale au Palais du Peuple, il a matérialisé ses promesses en offrant une maison, un véhicule et une prime spéciale à chaque joueur, tout en créant l'Ordre national du Léopard pour distinguer les mérites sportifs de la patrie.
Un investissement fort sous le feu des débats
Cette omniprésence du président dans l'arène sportive ne va pas sans soulever quelques vagues. Une partie de la presse et de l'opinion s'interroge régulièrement sur le coût financier de la campagne de sponsoring international (évaluée entre 65 et plus de 100 millions d'euros) en période de crise sécuritaire, tandis que d’autres y voient une communication politique habilement récupérée.
Il n'en demeure pas moins que l'engagement personnel et institutionnel de Félix Tshisekedi a profondément redessiné la carte sportive de la RDC. En l'espace de quelques années, le dirigeant a réussi son pari : faire du sport un instrument de fierté retrouvé, de stabilité et de fraternité africaine.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
