
3 600 dollars pour un siège en tribune, 100 dollars pour s'y rendre en train et 13 dollars pour un simple bretzel à la buvette. Bienvenue au Mondial 2026 : le coup d'envoi vient à peine d'être donné que le portefeuille des supporters, lui, est déjà KO. Un point qui tranche avec les deux dernières éditions en Russie (2018) et au Qatar (2022), où les transports publics étaient gratuits ou inclus pour les détenteurs de billets. En 2026, se rendre au stade est devenu un gouffre financier, particulièrement aux États-Unis.
Les tarifs « spéciaux » qui ne passent pas
Parmi les griefs, celui lié aux transports. Les liaisons vers les enceintes excentrées affichent des tarifs jugés prohibitifs par les associations de supporters. Par exemple, pour l'axe Boston - Foxborough (Gillette Stadium), l'aller-retour en train depuis le centre-ville culmine à 80 dollars (environ 73 euros). C'est près de dix fois le tarif standard (8,75 dollars) et quatre fois plus cher que pour un match de NFL ou un concert traditionnel. L'option de bus Express grimpe, elle, à 95 dollars.
Le trajet de la finale qui aura lieu au MetLife Stadium verra les fans débourser plus de 100 dollars pour l’aller-retour.
« Nous assistons à une rupture historique de l’esprit populaire de la Coupe du monde. Les transports locaux profitent ouvertement de l'événement pour maximiser leurs profits au détriment des fans », dénoncent les représentants de collectifs de supporters européens.
L’inflation s'invite à la buvette
Une fois les barrières de sécurité franchies, la douche froide continue. Se nourrir et se rafraîchir dans les stades relève désormais du produit de luxe.
Aux États-Unis, notamment à Seattle ou Atlanta, les prix affichés frôlent l’indécence : un simple bretzel s'arrache à 13,49 dollars, le churro s’affiche à 10,99 dollars, tandis qu'un repas basique accompagné d’une boisson dépasse systématiquement le seuil des 34 dollars.
Le Mexique, traditionnellement plus accessible, n'échappe pas à cette fièvre inflationniste. Si les tarifs y restent globalement trois fois inférieurs à ceux de leur voisin américain, la hausse locale choque les habitués : la bouteille d'eau s'écoule à 80 pesos (4,58 dollars) et la portion de frites atteint 200 pesos (11,45 dollarss).
La sélection par l'argent
Cette flambée du coût de la vie quotidienne sur place vient s'ajouter à une politique tarifaire de la FIFA déjà largement décriée en amont de la compétition.
Pour assister à la finale, le billet d'entrée de gamme (Catégorie 3) culmine au prix astronomique de 3 600 dollars. À titre de comparaison, cette même catégorie ne coûtait « que » 387 euros en Russie et 609 euros au Qatar.
Pour un supporter souhaitant suivre le parcours classique de son équipe sur 8 matchs à travers ce Mondial tripartite géant, le budget minimal alloué aux seuls billets de stade dépasse les 6 000 dollars, contre environ 1 400 dollars lors des dernières éditions.
70 euros par jour, un minimum irréaliste ?
Avec un coût quotidien de base désormais estimé à un minimum strict de 70 euros par jour — hors logement, vols internes et visas —, ce Mondial 2026 s'impose officiellement comme le plus onéreux de l'histoire du football. Face à cette réalité économique, de nombreux fans historiques ont dû capituler, laissant les sièges à un public plus corporatif ou local, et transformant ce rendez-vous universel en un spectacle réservé à une élite financière.
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À propos de l'auteur
Malick BAMBA
Rédacteur sportif
Le sport africain au quotidien, ces belles histoires et polémiques en tous genres.
