Motsepe poussé vers la sortie par la CAF et Infantino ?

Réélu pour quatre ans à la présidence de la Confédération africaine de football en mars 2025, Patrice Motsepe ne devrait pas aller au bout de son mandat. Ne bénéficiant plus de la confiance de son Comité exécutif, l’homme d’affaires sud-africain a aussi perdu le soutien de Gianni Infantino à cause de l’affaire Omar Artan et songe à son avenir politique.

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Motsepe poussé vers la sortie par la CAF et Infantino ?

Cette démarche intervient alors que le mandat du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, à la tête de l’ANC (Congrès national africain) arrive à son terme en 2027. Depuis plusieurs semaines, une campagne pousse en faveur de Motsepe. S'il a longtemps indiqué ne pas être intéressé, le magnat des mines est en train de revoir sa position et ses ambitions – même si plusieurs personnes à la CAF émettent des doutes sur ses réelles intentions politiques.

Autre point brûlant poussant vers un départ : les relations tendues et la défiance d'une partie de son Comité exécutif. Exaspéré par sa méconnaissance de l’institution qu’il préside et ses réunions interminables où il « répète les mêmes éléments de langage », plusieurs présidents de fédération ont également peu goûté à certaines remarques, notamment lorsque Motsepe appelait plusieurs d’entre eux par leur pays respectif car il ne connaissait (toujours) pas leur nom…

Récemment, un nouvel épisode a encore amenuisé le peu de légitimité lui restant avec le démenti officiel de la CAF autour du passage de la CAN à 28 équipes alors que Motsepe avait lui-même annoncé l'élargissement du tournoi lors de sa conférence de presse à Johannesburg. Une nouvelle bévue comme son obstination à assurer la tenue de la CAN en 2027 alors que la majorité du Comité exécutif sait que deux des trois pays organisateurs (Kenya et Ouganda) ne sont pas prêts.

Une motion de censure contre Motsepe ?

Cette situation illustre l'isolement d'un président qui a également perdu les soutiens de deux de ses principaux alliés, notamment de Gianni Infantino qui n’a pas accepté la signature de la convention avec l'UEFA pour que l'arbitre soudanais Omar Artan officie lors de la Super Coupe d'Europe.

Pour le président de la FIFA, cette signature est un désaveu et une prise de position contre la FIFA et en faveur de l'UEFA après l'épisode du Mondial. Son autre allié historique, Fouzi Lekjaa, ne protège également plus Motsepe du mécontentement général depuis l'épisode de la finale de la CAN 2025 — dont le vainqueur sera finalement connu après les auditions prévues le 8 octobre devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

D'après nos informations, une motion de censure avait été discutée il y a quelques mois afin de destituer Patrice Motsepe. Néanmoins, le soutien d’Infantino avait freiné les velléités. Sans cette tutelle, plusieurs présidents ont parlé à nouveau d’une motion de censure pour la présenter lors de la prochaine réunion du Comité exécutif de la CAF, avant d'être soumise à validation lors de l'Assemblée générale de l'instance prévue en octobre.

Ahmed Yahya, Idriss Diallo et Souleiman Waberi ont déjà démarré leur campagne

Depuis plusieurs mois, des prétendants à la succession de Motsepe ont entamé une campagne. Souleiman Waberi, le président de la fédération djiboutienne, avait notamment invité nombre de ses confrères lors des élections du CECAFA organisées dans son pays en février.

Cachant mal ses aspirations, son plan a rapidement été découvert par Infantino et Motsepe au Congrès annuel de la FIFA à Vancouver fin avril. Plus discret, Ahmed Yahya, le président de la fédération mauritanienne, n’a jamais caché son attirance pour le poste ainsi que sa proximité avec le président de la FIFA.

Plus récemment, Idriss Diallo, le président de la fédération ivoirienne, a débuté son lobbying, bien aidé par Samuel Eto’o, qui est aussi proche de Waberi. Diallo essaye même de convaincre l’exécutif ivoirien de le soutenir pour l’élection au sein de sa propre fédération en imposant sa candidature unique en guise de soutien pour ensuite briguer la CAF où il a assuré être le « successeur désigné » par Motsepe avec l’appui du Maroc.

Bien qu’il entretienne de bonnes relations avec les deux parties, son affirmation est avant tout une extrapolation pour briguer un second mandat. Une manœuvre qui résume cependant la fin d’une ère pour Motsepe même s’il n’a pas dit son dernier et mot et conserve quelques soutiens au sein du COSAFA et en Afrique de l’ouest (Ghana, Nigeria). Une manière pour le Sud-Africain d’éviter l’humiliation d’être sorti de l’institution qu’il préside, ce qui aurait de fâcheuses conséquences pour ses ambitions politiques.

Romain MOLINA et Mansour LOUM

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À propos de l'auteur

Romain MOLINA

Romain MOLINA

Rédacteur sportif

Journaliste et écrivain, auteur de nombreuses enquêtes dans le milieu du sport.

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