Mondial à 48 équipes : pari réussi ou plafond de verre pour l'Afrique ?

A 48h de la finale de la Coupe du monde 2026, Sport News Africa revient sur la participation de l’Afrique qui aura bénéficié de 10 places à la faveur du passage de 32 à 48 pays. Et si neuf pays ont passé le premier tour, ce succès apparent peut bien cacher une réalité plus profonde.

?
4 minutes de lecture
Mondial à 48 équipes : pari réussi ou plafond de verre pour l'Afrique ?

Une fixation sur la quantité

Absente lors de la toute première édition en 1930, l’Afrique s’est toujours battue pour être représentée en Coupe du monde et a obtenu gain de cause en 1934 (16 équipes) avec l’Egypte qui est devenu le premier pays africain à participer à une phase finale de la compétition.

Depuis, le nombre de participants a augmenté progressivement jusqu’en 1998 et le passage à 32 nations (24 pays dont 3 pour l’Afrique jusqu’en 1994). Le continent a gagné deux places supplémentaires et présentait donc cinq représentants en phase finale jusqu’en 2022 et l’édition au Qatar.

Puis la FIFA a décidé sur demande formulée par les fédérations africaines en février 2017, d’allouer dix places pour le continent à la Coupe du monde 2026 qui devrait réunir 48 participants : « Sur les 48 équipes prévues pour le Mondial 2026, neuf à dix seront africaines. Nous allons y travailler », avait alors promis Gianni Infantino en mars de la même année, comme rapporté par Europe 1. Neuf ans plus tard, la promesse a été tenue.

Les Fédérations ont été satisfaites et cette augmentation a bien nourri le narratif d’une Afrique plus respectée dans la plus grande des compétitions, étant donné qu’elle est la Confédération la plus représentée à la FIFA avec 54 voix, ce qui fait souvent pencher la balance au moment des élections à la présidence. Et il n’y a pas mieux que Gianni Infantino, habitué des campagnes diplomatiques dans les palais présidentiels africains pour connaître cet enjeu électoral majeur. Evidemment qu’en ces moments, la neutralité politique et l’ingérence gouvernementale ne comptent plus pour la FIFA.

Lire aussi : Les 10 plus grandes performances africaines en Coupe du monde

Un plafond de verre intact

Pour l’Afrique, l’enjeu a longtemps été à tort ou à raison d’avoir plus de représentants. Une fixation sur la quantité qui reléguait au second plan la recherche de la performance. Et elle a des conséquences importantes, notamment d’ordre psychologique puisque la participation en soi est devenue un accomplissement pour la majorité des pays, limitant ainsi le rêve et reléguant au second plan la probabilité plus forte d’un sacre à 32 participants.

Beaucoup pensaient donc que l’Afrique quittait la Coupe du monde souvent au deuxième tour, c’est-à-dire les huitièmes de finale en raison de son faible nombre de participants (5 places). Et donc, le passage à dix offrirait plus de chance de médailles au continent. Une hypothèse mise à nue par ce Mondial 2026. Neuf (9) des dix (10) équipes africaines ont certes franchi la phase de groupes mais seulement deux (2) sont parvenues à se qualifier en huitièmes de finale, notamment le Maroc et l’Egypte et donc sept (7) ont été éliminées au deuxième tour. Puis un seul en quart de finale, le Maroc lui aussi battu par l’équipe de France (0-2).

Le constat est là. Le passage à 48 équipes n’a pas forcément eu d’impact sur les performances des pays africains. Ainsi sera le passage à 64 qui se profile à l’horizon 2030. Avec cinq participants en 2022, le Maroc est arrivé en demi-finale puis s’est arrêté en quart de finale à 48. En clair, l’augmentation du nombre de places allouées au continent n’est pas le problème, mais ses performances dans la compétition.

Les seizièmes de finale à 48 équipes sont l’équivalent des huitièmes de finale à 32 et le quart de finale du Ghana en 2010 a longtemps été le plafond de verre pour l’Afrique jusqu’en 2022 et l’exploit marocain au Qatar. Les fédérations africaines doivent davantage travailler à avoir des équipes performantes et qui ne se contentent plus du peu, ôtant ainsi la barrière du complexe et la rhétorique de « l’apprentissage » permanent alors que les effectifs sont de plus en plus qualitatifs.

Rejoignez notre communauté sportive !

Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour ne rien manquer de l'actualité sportive en temps réel.

À propos de l'auteur

Aimé ATTI

Aimé ATTI

Rédacteur sportif

Journaliste, commentateur sportif, baignant dans le sport et le football africain.

?
0 commentaire(s)

?

Rejoignez la conversation

Connectez-vous pour partager vos réflexions et échanger avec la communauté.

?

Aucun commentaire pour le moment

Soyez le premier à commenter cet article !